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Consultation

Lettre 386·XVIII, folios : 321 322
Urre, Rostaing d', seigneur d’Ourches
M. de Gordes
Lettre non liée
Date non renseignée
Montélimar
Laval
,

Transcription

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Monsieur, combien que le consul de ceste ville vous aye faict entendre l’estat d’icelle, je n’ay vollu
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pour cella fallyr à respondre à la votre du XIXe quant au reiglement que jay mis pour la guarde,
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de laquelle ceus de la nouvelle religion ont tousjours estées entièrement exems. Comme ilz ont estées à la
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messe, ilz m’ont requerit de m’asseurer et fier d’eus et les volloyr emplyer pour faire la ditte guarde, ce que
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j’ay faict, pour remarquer ceus qui sont armées, quar ainsy qu’ilz ont veu que je n’avoys point de meffiance
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d’eus, ilz ont toutz reprins et retrouvés leurs armes, lesquelles je ne peus jamais trouver, quelle recherche que
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j’en fisse, faisant toutz d’une voys serment qu’ilz n’avoyent aulcunes armees. Veu qu’ilz commancent à
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lever le nez et que je cognoys ceus qui sont armées, je me deslibère de les desarmer en inventerisant
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le tout, en leurs en rendent bon conte. Comme ilz auront la vollonté meilleure pour le service du roy
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qu’ilz n’ont faict paroistre jusques asteure, il me semble bon de les contraindre de fournyr en leurs
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tour d’un bon souldat catoulyque pour faire laditte guarde, et ne ce fier guières d’eus, encoure
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qu’ilz disent s’estre catoulizées. La vérité est que jusques asteure, les catouliques ont faict la guarde
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ceulz, sans ayde. Ilz commancent à s’en ennuyer, pour ce que ceus de la nouvelle religion n’ont jamays rien fourny
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ny contribué pour ce dit efect. Si vous le trouvés bon qu’ilz soyt contrainctz en leur tour de donner sis
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soulz à ung catoulique féable qu’on y metra en leur place, je metrays peyne qu’il ne s’i commetroit
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aulcun abus. Il vous plairra m’en escrire vostre vollonté, laquelle je n’exederay nullement. Quant à
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ce qu’il vous a pleu m’escrire du XVIIe, que désireryés estre adverty de la dilligence de la justice pour
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la mort de feu messire Bertrant, je ne say, monsieur, si pour ce dit regard quelqu'un en auroit faict
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quelque sinistre rappourt, bien vous asseure-je, monsieur, qu’il estoit entre neuf et dis heures du soyr
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quant il fut tué hors la ville, comme soudaynement je vous tins adverty. Monsieur d’Exéa m’a dit qu’il en
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a envoyé les imfourmations à messieurs de la court, combien qu’il n’a rien peu adverer du dit
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[v°] meurtre. Je vous envoye la responce de la dernière lettre qu’avés escrit à monsieur de Mombrum. Quant
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au despourtement de la noblesse huguenotte de ces quartyers, ilz ce contiennent, pour encoures, ilz désirent
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bien ung bon succès en Flandres pour le prince d’Ourange, espérant qu’il leur sera favorable. Je ne say
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si vous avés rien seu des nouvelles que nous tenons icy pour toutes certaynes, comme les catouliques
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ont estées massacrés en une petite ville qu’est auprès de Nismes, laquelle ce nomme
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Lunel. Il est allé de Vivaretz, pour secouryr les ditz catouliques, plus de cinq ou sis centz arquebusiers.
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Comme il ce présenteroit quelque chose de nouveau en ces quartyers, je ne fauldros encoure plus toust de
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vous en advertyr. Que sera l’endroit où je salueray voz bonnes graces par mes très
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humbles recommandations, priant Nostre Seigneur vous donner,
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Monsieur, en très bonne santé, longue et hereuse vye. Au Monteilhimart, ce XXVI septembre.
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Vostre très humble filz et affectioné serviteur.
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Hourche
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Comme les catoulizés de ceste ville faisoyent ladite guarde, ce que je leurs avoys accordé pour les considérations sus
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dittes, me donnoys guarde d’eus de si près qu’ilz ne m’eussent seu faire faus bon, veu la sujection que je
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randoys pour ce dit regart
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